Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le Blog de toutes les infos et documentations
  • Le Blog de toutes les infos et documentations
  • : Pour ceux qui veulent tout savoir sur le monde
  • Contact

Recherche

Archives

27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 19:25

Avec la CIA, le KGB est le service de sécurité qui aura sans aucun doute laissé l'empreinte la plus profonde dans l'histoire mondiale du renseignement. Dans les dernières années de son existence, cet organisme aurait employé près de 486 000 personnes, dont 217 000 gardes-frontières. Il aurait bénéficié des bonnes graces de plus de 1 million d'"honorables correspondants". Le KGB peut-être comparé à une sorte de paquebot de l'espionnage. Une organisation monstrueuse vouée à la surveillance de tout et de tout le monde, plus encore à l'intérieur des frontières de l'URSS qu'à l'étranger.

Pour l'occidental non-initié, le KGB évoquait l'agent secret qui, tel le bernard-l'hermite s'appropriant un coquillage, investissait les ambassades et les représentations soviétiques à l'étranger pour les transformer en de notoires repaires d'espions. Contrairement à ce que veut notre perception occidentale de l'espion, le KGBiste n'était pas perçu comme un "homme de l'ombre" dans son pays. Il existait un uniforme du KGB qui était courament porté, et l'appartenance à cet organisme était perçu comme une distinction sociale qui procurait avantages, respect et crainte d'autrui, et pouvait même faciliter les demandes en mariage... A l'inverse de la plupart des services secrets occidentaux, le KGB recrutait de préférence dans les milieux modestes et ouvriers. Il fallait être un marxiste convaincu pour faire un bon KGBiste. Ces critères de recrutement auront fait des agents du KGB des personnages notoirement "durs", souvent rustres et manquant de finesse. Les agents du KGB fins et cultivés correspondant mieux à notre perception du "super" agent secret ne représentait qu'une petite minorité regroupée au sein de la première Direction, elle-même essentiellement chargée des activités à l'extérieur des frontières. Mais n'oublions pas l'existence de ce que l'on a appelée la "nomenklatura", caste des puissants du pays et de leurs enfants que l'on rencontre dans presque tous les pays du globe. Il y avait beaucoup de "pistonnés" au sein du KGB ; et ces derniers occupaient surtout la première Direction.

Le trigramme KGB n'est pas près de disparaître de la mémoire collective. Selon les individus, il évoque la puissance, le dégout, le respect, l'intolérance, l'ordre et la discipline, la violence brutale, l'omniprésence, la pérsécution, la prison, la torture, la mort... Bien plus encore que le renseignement, la mission prioritaire du KGB était de contrôler et de surveiller l'ensemble de la société soviétique. Il restera pour beaucoup de gens une armée secrète et impitoyable composée d'idéologues fanatiques et de tacherons sans humour au service de l'absurde. Durant ce qu'on a appelé les "Purges stalinienne", le KGB -qui ne s'appelait encore ainsi- procéda à l'exécution d'environ 3,5 millions de personnes, sur la simple présemption d'idéologie contre-révolutionnaire... A la différence des juifs, ces millions d'innocents ont déja été oubliés, et le souvenir de leur tragédie semble bien peu intéresser les médias.

On retrouve l'archétype du KGBiste dans tous les best-seller noirs du genre fantastique : "1984", "Brazil", "Farenheit 451", "Le meilleur des mondes"... C'est aussi pour toutes ces raisons qu'il a exércé une certaine fascination dans notre société occidentale. Sa lutte tous azimuts pour porter le communisme aux nues fut telle qu'elle donna lieu en France à cette boutade fort populaire dont on usait pour expliquer les incidents et les pannes irrationnelles : "C'est encore un coup du KGB..."

Est-il possible d'énumérer de manière exhaustive toutes les activités du KGB dans un article de magazine ? Surement non. Voici donc les principales connues. Le KGB était responsable de la sécurité et des intérêts de l'Union Soviétique, à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières, ce qui sous entendait indistinctement : la surveillance des frontières, la lutte contre le crime organisé et le terrorisme, la lutte contre l'opposition politique intérieure et bien sûr la recherche du renseignement à l'extérieur des frontières dans les domaines militaire, scientifique, technologique, politique, stratégique, économique...

On retrouvait le détail de ces missions générale dans les organigrammes des quelques 15 Directions qui formait le KGB durant les dernières années de son existence. Nous citerons les plus importantes :

  • - la 1ere Direction Principale (PGU), la plus prestigieuse, était chargée du renseignement extérieur,
  • - la 2eme Direction Principale (VGU) était en charge de la sécurité intérieure et du contre-espionnage en URSS,
  • - la 3eme Direction était chargée de la sécurité au sein des forces armées.
  • - la 5eme Direction était chargée de la lutte contre la dissidence et comprenait le personnel affécté aux goulags et aux hôpitaux psychiatriques.
  • - la 7eme Direction était chargée de la surveillance des étrangers en résidence sur le territoire soviétique. Il s'agissait principalement de la surveillence des personnels d'ambassades. Pour autant, c'est, curieusement, à cette direction qu'était rattaché la célèbre unité d'élite antiterroriste "Alpha".
  • - La 8eme Direction (équivalent de la NSA aux Etats-Unis) était chargée des transmissions et de leur sécurité ainsi que du renseignement éléctronique, en collaboration avec la PGOu.
  • - la 9eme Direction était responsable de la sécurité des personnalités importantes et de la garde du Kremlin.
  • - la 15eme Direction était chargée de la sécurité des installations sensibles telles que sites de lancement de missiles nucléaires, dépots d'armes et de munitions, bases aériennes stratégiques et sous marinières.

Il existait également une Direction de la Technique Opérationnelle, qui était chargée de la conception des matériels techniques utilisés par l'ensemble du personnel du KGB.

Ces directions étaient composées de départements et services plus spécialisés encore. Ainsi, on pouvait savoir, par exemple, qu'un agent du 5eme Département de la première Direction principale était un agent qui pouvait être chargé de la collecte des informations en France, en Espagne, en Italie, au Portugal ou au Luxembourg.

Revenons un instant sur la 8eme direction. En cette heure ou le réseau de stations d'écoute du réseau Echelon est un sujet de curiosité et d'étonnement, on pourra apprécier, peut être mieux encore la dimension du "soviet'chelon". Au début de l'ère Gorbatchev, le réseau d'écoutes soviétique des télécommunication couvrait le monde entier, avec une acuité toute particlière à l'égard d'objectifs militaires. Le personnel affécté à cette tache se décomposait en 40 régiments, 170 bataillons et plus de 700 unités d'écoute et d'interception... Durant les vingt années qui suivirent le lancement de Kosmos 189, en 1967, l'Union Sviétique envoya dans l'espace plus de 130 satellites d'interception des communications, pour répondre aux objectifs du Directoire du renseignement spatial du GRU, basé à Vatuniki, à 50 kilomètres au sud-ouest de Moscou. La 16e Direction du KGB, disposait de stations dans les missions diplomatiques de plus de 60 pays. Ces stations ne faisait que de la collecte qui était expédiée au centre de traitement informatique de Kountsevo, dans la banlieue de Moscou. Le KGB et le GRU se partageait par ailleurs la gestion des écoutes dans d'autres pays du bloc soviétiques et dans des pays amis. Les plus grandes de ces stations d'écoute était installées à Lourdes en l'Ile de Cuba, dans la périphérie d'Aden, au sud-Yemen et dans la baie de Cam Ranh, au Viêt-Nam. Il faut ajouter à cela une flotte de 60 navires de surface (dont les célèbres "chalutiers") et environ une vingtaine d'aéronefs de différents types. Bien évidemment, il faut comprendre que tout ce matériel n'a plus le niveau requis pour intercepter et décrypter les télécommunications du XXIe siècle et les budgets d'entretien et de renouvellement n'ont rien à voir avec ceux des Etats-Unis.

Histoire des services secrets soviétiques.

Le nom de Dzerjinski revient souvent dès que l'on parle du KGB. C'est le nom de la place à laquelle faisait face le quartier général des services secrets soviétiques. Cela ne doit en rien au hasard puisque Feliks E. Dzerjinski, un fidèle de Lénine, reçut mandat de ce dernier, le 20 décembre 1917, de créer un organe ayant pour mission de détecter et de mater les forces contre-révolutionnaire. Cet organe, prit le nom de Vserossiskaya Tcherzvytchaynaya Komissiya Po Borbes S Kontrrevolutsiey I Sabotagem (VTchK) que l'on peut traduire par Commission Pan-russe pour la Lutte contre la Contre-révolution et le Sabotage. Comme tout cela était un peu long à mémoriser et était d'une grandiloquence toute léniniste qui manquait un peu de retenue, on l'appela rapidement la "Tchéka". La Tchéka, qui ne pouvait partir de rien pour remplir sa mission dans les meilleurs délais, consentie à lancer ses activités avec le concours des officiers de l'Okhrana (Sécurité), la police secrète du Tsar déchu.

Le 30 août 1918, le président de la Tchéka pour la ville de Petrograd (Saint Petersbourg), Moïsseï S. Ouritski, se fit assassiner. En réponse, la Tchéka déclencha le 2 septembre ce que l'on appellera la "Terreur Rouge" une élimination systématique des contre-révolutionnaires.

Durant les années 20, la Tchéka utilisera les Tchasti Osobovo Naznatcheniya (TchON) (Détachements Spéciaux) du Parti pour combattre la révolte des basmatchis en Asie centrale.

Pour l'instruction des services spéciaux de la Tchéka, des TchON, de l'Armée Rouge et des révolutionnaires venus del'étranger, un camp d'entrainement sera construit à Tachkent, en Asie cenrale.

En 1921, Felix Dzerjinski cumulait les mandats de président de la Tchéka, Commissaire du Peuple de l'Intérieur et de Commissaire aux Voies de Communications (sic).

Le 7 février 1922, la Tchéka fut dissoute pour être remplacée par la GPU (se prononce "guépéou") (Direction Politique d'Etat), organisation subordonnée au NKVD (Commissariat du Peuple de l'Intérieur) lui même placé sous l'autorité de Dzerjinski.

En 1923, la GPU changea de nom pour OGPU (Direction Politique d'Etat Unifiée).

En 1926 Vyatcheslav R. Menjiski succèda à Alexis Dzerjinski à la tête de l'OGPU. Son adjoint, Genrikh G. Yadoga, homme de confiance de Staline, sera en réalité le véritable patron de l'OGPU. C'est lors de cette période que l'OGPU acquit un pouvoir considérable et devint l'outil de la répression en Union-Soviétique, privilégié par Joseph Staline. Pour autant, Staline, qui, comme tout bon dictateur, devint paranoïaque, déclencha ce que l'on a appelé les "purges staliniennes". Secondé par Lavrentii P. Bérya qui redoublait de zèle pour s'éfforcer de garder sa confiance, Staline fera "disparaître" près de vingt mille hommes de la Tchéka lors des années trente.

En 1934, l'OGPU fit place au GUGB (Direction Principale de la Sécurité d'Etat) est devint l'une des directions principales du NKVD.

En février 1941, les attributions du GUGB furent réparties entre le NKVD et le NKGB (Commissariat du Peuple de la Sécurité d'Etat). Ces deux organismes furent à nouveau placés sous la responsabilité de Berya.

Lors de la seconde guerre mondiale, le NKVD et le NKGB furent chargés de la sécurité des arrières soviétique et des actions de sabotages en arrière des lignes allemandes. Le NKVD et le NKGB assureront la création et le pilotage de près de 2000 "groupes opérationnels" qui vinrent en renfort des partisants.

En 1946, le NKVD devint le MVD (Ministère de l'Intérieur) et le NKGB devint le MGB (Ministère de la Sécurité de l'Etat). Le MVD et le MGB étaient les acteurs principaux de la chasse aux collaborateurs et aux activistes nationalistes anti-communistes en URSS.

En 1947 commença l'ère du service de renseignement soviétique à proprement parler. Aux Etats-Unis, au même moment, la CIA venait d'être créée. Les organes de renseignement extérieurs du MGB et du GRU (Direction Principale du Renseignement), les services de renseignement militaires furent regroupés en un seul orgaisme appelé KI (Comité d'Information). L'objectif de ce rapprochement était de combiner le renseignement humain et le renseignement éléctronique. L'expérience fut un fiasco et les deux services furent à nouveau séparés l'année suivante.

Le 15 mars 1953, dix jours après le décès de Staline, le MGB et le MVD fusionnèrent sur décision du Comité Central du Parti, du Soviet Suprême et du Conseil de Ministres. La nouvelle entité fut une fois de plus placée sous la responsabilité de Berya. En juin de cette même année, Berya tenta de prendre le pouvoir de force. L'entreprise échoua et Berya "disparut". Cet incident fera perdre au MGB son statut de Ministère. Il devint subordonné au Conseil des Ministres le 13 mars 1954. C'est en cette occasion qu'il prit la désignation de KGB du Conseil des Ministres de l'URSS.

Le 5 juillet 1978 redonna au KGB son statut ministériel en l'établissant en temps que Comité d'Etat de l'URSS. Le KGB fut placé sous le contrôle direct du Premier secrétaire du PCUS et du Conseil de la Défense, l'organe suprême de l'URSS. Le KGB devint alors un "Etat dans l'Etat".

Vers la fin des années 80, au moment de l'effondrement du système communiste soviétique, la démocratie naissante s'accomodait mal de ce KGB au passé chargé. Le 29 novembre 1990, le parlement obligea le KGB à publier un certain nombre de directives secrètes relatives aux droits des citoyens.

En décembre 1990, un département spécialisé dans la lutte contre le crime organisé fut créé au sein du KGB. Cette nouvelle prérogative incombait exclusivement auparavant au MVD, le Ministère de l'Intérieur. Ce fut le premier signe extérieur d'un profond boulversement de la philosophie et des préoccupations du KGB.

Pourtant, il était à cette époque fortement question de dissoudre le KGB pour en faire plusieurs services. Le 30 septembre 1991, Yevguenyy Primakov fut nommé chef de la première direction principale du KGB par Mikhaïl Gorbatchev, avec pour mission de planifier la création d'un futur service de renseignement extérieur. Cette transformation des services spéciaux soviétiques en services de sécurité de la Russie feront peut-être un jour l'objet d'un vaudeville.

Repost 0
24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 14:51
Archimède est né vers 287 av J-C à Syracuse, terre qui est alors objet des convoitises des armées de Rome et de Carthage. On sait assez peu de choses sur sa vie, seuls quelques épisodes sont racontés par Plutarque, écrivain grec très postérieur au scientifique. Tout juste sait-on qu'il est le fils d'un astronome, Phydius, qu'il est ami du roi Hiéron, tyran de Syracuse. On pense aussi qu'il étudia quelques années en Egypte, à Alexandrie, auprès des successeurs d'Euclide.

 

  Avant tout, Archimède excelle en géométrie, où il invente des méthodes d'avant-garde. Il calcule notamment la longueur du cercle en l'approchant par des polygones réguliers inscrits et exinscrits. En utilisant des polygones réguliers à 96 côtés, il montre notamment sa célèbre formule d'approximation de pi :
Ceci préfigure, près de 2000 ans auparavant, le calcul intégral inventé par Newton et Leibniz. Archimède applique cette méthode d'exhaustion à divers calculs de volume, et prouve par exemple que le volume de la sphère vaut les 2/3 du volume du cylindre circonscrit. Il juge cette découverte si importante qu'il demande à ce qu'elle soit gravée sur sa tombe. Il étudie aussi le déplacement uniforme d'un point sur une droite elle-même en rotation uniforme autour d'un point. La courbe résultante, d'équation polaire r=at, s'appelle désormais spirale d'Archimède.

 

  Mais Archimède est surtout connu pour ses travaux en statique et en hydrostatique. Il est l'auteur du célèbre principe : "Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci, une poussée exercée du bas vers le haut et égale, en intensité, au poids du liquide déplacé". La légende raconte qu'il aurait fait cette découverte en réponse à une question du roi de Syracuse, qui se demandait si sa couronne était en or massif. Réfléchissant à ce problème dans son bain, Archimède aurait eu l'idée lumineuse de son principe. Très excité, il serait sorti nu dans la rue en criant "Eurêka!" (j'ai trouvé).

 

  Une autre phrase célèbre d'Archimède est le fameux "Donnez-moi un point d'appui, et je soulèverai le monde". Elle illustre le principe du levier, et ses travaux sur les moments de force. Par ailleurs, Archimède est l'auteur d'un traité sur les centres de gravité.

 

  Brillant théoricien, Archimède est aussi un ingénieur qui invente la vis sans fin, ou des machines pour la défense de Syracuse comme la catapulte. Grâce aux créations d'Archimède, Syracuse résistera pendant 3 ans aux Romains lors de la Seconde Guerre Punique. Mais la ville finit par être prise, et Archimède décède lors de l'invasion. La fin de sa vie est décrite ainsi par Plutarque :

 

Comme le destin le voulait, Archimède était en train de résoudre un problème par un diagramme, et avait les yeux et l'esprit fixés sur l'objet de sa réflexion; il ne remarqua pas l'entrée des Romains, ni le fait que la ville ait été prise. Inopinément, un soldat survint et lui demanda de l'accompagner. Comme il refusait d'obtempérer tant que son problème n'était pas résolu, le soldat fou de rage brandit son sabre et le transperça...
  Le général Marcellus qui dirigeait l'armée romaine, et qui avait en haute estime le savant, ne désirait pas la mort d'Archimède et fut navré d'apprendre son décès. Il fit organiser des funérailles grandioses, et sur le tombeau du savant, il fit graver... une sphère et son cylindre circonscrit.

 

 Archimède a inventé, vers 250 avant J-C, une méthode originale pour le calcul de la longueur d'un cercle. Il encadre en effet cette valeur par le périmètre d'un polygone régulier inscrit dans ce cercle, et par le périmètre d'un polygone régulier exinscrit :

Cette méthode préfigure le calcul intégral de Newton et Leibniz, près de 2000 ans avant son invention effective. En utilisant un polygone à 96 côtés, Archimède parvient à l'excellent approximation :

La spirale d'Archimède est la courbe décrite par un point en déplacement uniforme sur une droite en rotation elle-même uniforme autour d'un point. Son équation polaire est r=at.
  Elle a été introduite par Archimède pour réussir la quadrature du cercle, c'est-à-dire la construction d'un segment dont la longueur est égale à la circonférence du cercle. Prenons en effet le point sur la courbe de coordonnée polaire t=3pi/2 (le point A du dessin précédent). Traçons la tangente à la spirale en ce point, et notons H le point d'intersection avec l'axe des abscisses. Alors Archimède démontre que la longueur AH vaut exactement la circonférence du cercle OA. Cependant, cela ne fait que déplacer le problème : comment construire la tangente à une courbe? Il faudra attendre au moins le XVIIè siècle, et Newton et Leibniz, pour que l'on sache bien aborder cette question!

 

  La quadrature du cercle, c'est-à-dire l'approximation de pi, était une question qui taraudait Archimède. On lui doit notamment l'approximation de pi par la fraction 22/7

 

Repost 0
24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 14:49
M'sieur Thalès

Biographie de Thalès de Milet

Milet, environ 625 av. J.-C. - Environ 547 av. J.-C.

     Thalès serait né autour de 625 av. J.-C. à Milet en Asie Mineure (actuelle Turquie) et mort environ en 547 av. J.-C. A la fois philosophe, homme d'Etat, ingénieur, homme d'affaires et mathématicien, il excellait principalement dans le domaine de l'astronomie.      

     Thalès de Milet fut le fondateur de la philosophie des « physiciens » qui se préoccupaient de chercher des causes naturelles et tournaient par conséquent le dos aux spéculations des « théologiens » recourant aux mythes et aux explications surnaturelles. De tout temps, Thalès fut considéré comme un très grand savant et comme un sage. Trois anecdotes très connues le font passer tantôt pour un rêveur, tantôt pour un homme doué d'un grand sens pratique : 

     La première anecdote se trouve dans les écrits de Platon : Thalès observait les cieux et, tout absorbé dans la contemplation des astres, il ne vit pas un puits qui se trouvait devant lui, et il y tomba, ce qui lui valut les moqueries d'une vieille femme témoin de la scène : "Comment pouvez-vous prétendre savoir se qui se passe dans le ciel alors que vous êtes incapable de voir ce qui est à vos pieds ?".

     La deuxième anecdote raconte qu'un jour, Thalès charge ses mulets pour transporter du sel dont il fait le commerce. L'un des animaux s'allonge dans un ruisseau pour se reposer et s'émerveille de sentir son fardeau plus léger : le sel avait fondu. A chaque ruisseau, il recommence. Pour l'en décourager, Thalès le charge au voyage suivant d'éponges et de chiffons. Dès que l'animal s'allonge, les éponges se gonflent d'eau, alourdissant le fardeau, ce qui fait perdre au mulet sa dérangeante habitude...

    
La dernière anecdote, raportée par Aristote, nous présente Thalès comme le premier spéculateur de l'histoire : comme on lui faisait des reproches de sa pauvreté, qu'on regardait comme une preuve de l'inutilité de la philosophie, l'histoire raconte qu'à l'aide d'observations astronomiques il avait prévu une abondante récolte d'olives. Il loua à bas prix tous les pressoirs à huile de Milet et de Chios. Le moment venu, la demande de pressoirs fut telle qu'il put les sous-louer avec une haute marge de profit. Cette fortune, il l'avait faite pour prouver à ceux qui le plaignaient d'être pauvre qu'il est facile aux philosophes de s'enrichir quand ils le veulent, bien que ce ne soit pas l'objet de leur ambition. Thalès devint riche, mettant fin aux idées comme quoi les philosophes doivent vivre pauvres et dans un total désintérêt.
      
     Alors suffisamment enrichi, Thalès put consacrer la fin de sa vie aux études et aux voyages. Son premier périple le mène en Egypte. Là, il calcule la hauteur des pyramides grâce à leur ombre : c'est une première utilisation du théorème qui porte son nom et qui est encore étudié de nos jours par tous les collégiens. Pour connaître avec précision la méthode utilisée par Thalès pour parvenir à cette mesure, lire le passionnant roman policier de Denis Guedj, intitulé "le théorème du perroquet".

     Ses études en astronomie permettent à Thalès de se rendre compte que l'année dure 365 jours et la légende prétend qu'il réussit à prédire avec une belle précision l'éclipse du soleil du 28 mai de l'an - 585. Si rien ne peut le prouver, il fut le premier à en expliquer le phénomène. Ses recherches et ses nombreuses observations, en prenant repère sur la Petite Ourse, lui permirent de développer son sens de l'orientation maritime.

      Thalès est le premier homme au nom duquel sont attachées des découvertes mathématiques. On ne peut être certain de l'authenticité des découvertes attribuées à Thalès car aucun de ses écrits ne nous est parvenu. Son oeuvre concerne la géométrie élémentaire, celle qui traite des droites, des angles et des triangles. L'apport fondamental de Thalès est son souci de démonstration et sa rigueur de raisonnement. Il serait à l'origine de cinq théorèmes de géométrie élémentaire :

(i) Un cercle est partagé en deux parties égales par tout diamètre.
(ii) Les angles à la base d'un triangle isocèle sont égaux (théorème du pont aux ânes).
(iii) Les angles opposés par le sommet sont égaux.
(iv) Un triangle est déterminé si la base et les angles à la base sont donnés.
(v) Un triangle ABC inscrit dans un cercle et tel que le segment [BC] en est un diamètre, est rectangle en A.

     Curieusement, le théorème qui fait tant souffrir les collégiens français et qui porte le nom de Thalès n'a jamais été démontré, ni même découvert par Thalès (la démonstration sera faite trois siècles plus tard par Euclide). C'est au XIXème siècle, en France, qu'on appellera de Thalès le théorème qui affirme que deux droites sécantes coupées par deux droites parallèles définissent des triangles de longueurs proportionnelles. En Allemagne, on appelle théorème de Thalès celui qui affirme qu'un triangle inscrit dans un cercle et ayant pour côté un diamètre est rectangle.

Thalès mourut, alors qu'il assistait à une fête, lors d'une compétition d'athlétisme.

Repost 0
24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 14:49
   
 

Platon

Platon

Philosophe grec, fondateur de la philosophie occidentale (Athènes, 427 av. J.-C. - id., 348 av. J.-C.)

 
     
 

Né d'une famille aristocratique, Platon a vingt ans lorsqu'il rencontre Socrate, qui a alors soixante-trois ans. Il restera avec lui pendant huit ans, jusqu'à ce que le gouvernement d'Athènes oblige Socrate à boire de la ciguë en 399. Ecœuré par cette condamnation, Platon quitte Athènes et entreprend un voyage de plusieurs années qui le mène en Egypte, à Cyrène (en Libye) et en Italie. Il est de retour à Athènes en 387, après avoir été esclave à Egine, une île grecque située à proximité d'Athènes. Il achète alors un gymnase et fonde l'Académie, première école de philosophie où seront également enseignées la biologie, l'astronomie, les mathématiques, etc. Platon écrira et enseignera à l'Académie jusqu'à sa mort, à l'âge de quatre-vingts ans.

Disciple de Socrate, la quasi-totalité des œuvres de Platon est rédigée sous forme de dialogues. Son enseignement porte sur la politique, l'art, l'éthique, etc. Mais c'est la théorie des Idées ou des Formes qui constitue le fondement de la philosophie platonicienne. Pour Platon, toute connaissance se doit d'être certaine et infaillible et doit porter sur le réel et non l'apparence. Il oppose alors le monde réel, qui est immuable et parfait, au monde physique, inconstant. Il rejette donc l'empirisme, c'est-à-dire l'acquisition de connaissances par l'expérience des sens. Cette théorie des Formes prend toute sa signification dans l'examen des objets mathématiques. Par exemple, le cercle est défini comme une figure plane constituée d'une succession de points, tous situés à égale distance d'un point donné. Mais personne ne peut voir une telle figure. Ce que l'on voit en fait est un dessin, une approximation du cercle idéal. Mais le fait que les mathématiciens puissent définir un cercle prouve qu'ils connaissent sa nature. Donc pour Platon, la "circularité", ainsi que la "quadrature" et la "triangularité" sont des formes qui existent en dehors de l'espace et du temps.

Cette théorie des Formes et, plus généralement, l'enseignement de Platon ont lourdement influencé la pensée occidentale, tant philosophique, religieuse et sociale que scientifique.

Repost 0
24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 14:45
Pythagore est un mathématicien grec de la fin du 6è siècle avant J.-C. Né dans l'île de Samos, il partit fonder une école proche d'une secte à Crotone, dans le sud de l'actuelle italie.

  Pythagore y étudiait les mathématiques, la musique, ou la philosophie. Il professait ainsi toutes sortes d'idées, comme la métempsychose (possibilité de renaître, après la mort, sous la forme d'un autre être vivant, et ainsi d'avoir plusieurs vies).Les disciples rapportaient toutes leurs découvertes scientifiques au maître, de sorte qu'on ne peut plus distinguer à ce jour les inventions de Pythagore et celles de ses disciples. L'école avait également une activité politique, en faveur du régime aristocratique, ce qui finit par déclencher une émeute populaire au cours de laquelle l'école fut détruite.

  On connaissait la propriété de Pythagore "Dans un triangle rectangle, le carré de l'hypothénuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés." bien avant cette époque. On a en effet découvert des tablettes d'argile gravées par les Babyloniens, probablement vers 1800 av J-C, donnant les longueurs des côtés de 15 triangles rectangles différents.

  Ce serait du vivant de Pythagore que son nom serait associé à la fameuse relation, et la légende rapporte que Pythagore en fut si fier qu'il sacrifia aux dieux une hécatombe, c'est-à-dire 100 boeufs. L'école de Pythagore a peut-être été la première à donner une preuve du théorème. Depuis, les Chinois, les Hindous, les Arabes, les Occidentaux (parmi lesquels Léonard de Vinci) ont imaginé des centaines de démonstration. Dans un livre, The Pythagorean proposition, Elisha Scott Loomis en a réuni 370.

On doit à Abraham Garfield (1831-1881) qui fut le vingtième Président des Etats-Unis, une démonstration du théorème de Pythagore, basée sur la figure suivante :

  L'aire du trapèze BCDE est : (a+b)×(a+b)/2=a2/2+b2/2+ab. Mais l'aire du quadrilatère BCDE est aussi la somme de l'aire des 3 triangles ABC, ACD, ADE. Mais :

  • l'aire de ABC est : ab/2.
  • l'aire de ACD est : c2/2.
  • l'aire de ACE est : ab/2.

  En égalisant les deux calculs, on trouve a2+b2=c2.   Lorsqu'on dispose d'une loi de composition × sur un ensemble E, on construit souvent un tableau qui résume l'effet de cette loi. A cet effet, on dispose dans un tableau dans la colonne de gauche et dans la première ligne les éléments de E. Puis, pour une case située à l'intersection de la ligne x, et de la colonne y, on écrit le composé x×y. On vient ainsi de construire ce que l'on appelle la table de Pythagore de la loi de composition.

 

 

  La grande table de multiplication de notre enfance est une sorte de table de Pythagore!

Repost 0
24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 14:33
Héros grec, roi légendaire d'Ithaque, Ulysse ou Odyssée ( OdusseuV) était le fils de Laërte et d'Anticlée; une autre tradition lui donnait Sisyphe pour père. Elevé à Ithaque, il en devint roi du vivant de son père. Il avait été l'un des prétendants d'Hélène mais il épousa Pénélope dont il eut un fils, Télémaque.

Quand on parla d'entreprendre une expédition contre Troie il chercha à se dérober, et joua la folie; mais Palamède déjoua la ruse.

Ulysse découvrit à Scyros le jeune Achille, caché sous des habits de femme à la cour de Lycomède. Puis il se rendit à Aulis avec douze navires, qui portaient les contingents d'Ithaque, de Zacynthe et des côtes d'Epire. Il se distingua pendant tout le siège de Troie:
-protégea Diomède blessé,
-tua Dolon,
-pénétra avec Diomède jusque dans Troie,
-s'empara des chevaux de Rhésos,
-ramena de Lemnos Philoctète,
-triompha des deux Ajax dans les jeux funéraires en l'honneur de Patrocle,
-réconcilia Achille et Agamemnon,
-obtint les armes d'Achille,
-prit place dans le cheval de bois et contribua beaucoup à la prise de Troie,
-enleva le Palladion (ou Palladium).

Ulysse
Ulysse enlevant le Palladion

C'était une statue en bois de Pallas qui était tombée du ciel près de la tente d'Ilos et devait assurait la protection de Troie. Elle fut dérobée par Ulysse et Diomède. Mais on prétendait que Dardanos en avait fait une copie. L'original fut transporté en Italie par Enée et placé dans un sanctuaire ouvert seulement aux pontifes et aux vestales

Bateau

Apres la victoire des Grecs, il voulut revenir à Ithaque. Mais il erra de rivage en rivage pendant dix ans, et eut mille aventures, qui font le sujet de l'Odyssée, avant de rentrer dans son palais et d'y tuer les "prétendants".

D'après la Télégonie d'Eugamon de Cyrène, Ulysse entreprit plus tard un voyage en Thesprotide, et même y oublia Pénélope pour s'y remarier. De retour à Ithaque, il fut tué par Télégonos, un fils qu'il avait eu de Circé. Télégonos épousa Pénélope, et Télémaque, Circé. Ulysse est un des plus célèbres héros du cycle de Troie, avisé, même rusé, habile, éloquent, plein de ressources, au courage prudent et sûr de lui.

Repost 0
24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 13:42

L'idéal démocratique trouve son origine dans la Grèce antique à l'âge classique (Ve et IVe siècles av. J.-C.). Il s'agit alors à la fois d'une philosophie et d'une expérience politique, avec l'exemple d' Athène(réforme de Clisthène en 508 av. J.-C.).

Cependant, si la démocratie antique préfigure des principes de la démocratie moderne, son influence sera négligeable sur l'avènement des premières démocraties libérales à la fin du XVIIIe siècle aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne.  

 

La démocratie comme système de gouvernement a succédé à un vaste mouvement intellectuel qui, des canonistes du Moyen Age aux philosophes des Lumières, tente de substituer à l'ordre ancien une conception nouvelle de l'Homme et du politique.  

Le contexte intellectuel
Fondé sur la valorisation de l'individu et sur l'égalité juridique, l'idéal démocratique moderne émerge à l'aube du XVIII
e siècle d'une nouvelle conception de l'Homme: libre et doué de volonté autonome, celui-ci n'est plus soumis à la divine Providence. La liberté est définie comme une faculté inhérente à la personne humaine et se réalise pleinement à travers la reconnaissance de droits naturels, inaliénables et sacrés. Cette conception, qui ébranle la société d'ordres et de privilèges de l'Ancien Régime, est solennellement affirmée dans la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, qui proclame que «les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit».  

Pour la philosophie politique moderne, l'acte fondateur qui établit les liens entre l'individuel et le collectif est le «contrat social», terme par lequel Hobbes et Rousseau désignaient l'association volontaire des individus pour former une société. Mais l'idéal démocratique ne peut s'accomplir que si les individus, désormais libres, sont protégés à l'égard du pouvoir, car l'Homme est doté aussi bien de droits naturels que de droits politiques. Alors que Rousseau déduit de ce principe la nécessité d'instaurer la démocratie directe, où chaque individu est détenteur d'une parcelle de souveraineté qu'il ne peut déléguer à autrui, les expériences démocratiques occidentales s'écarteront de cette conception impossible à mettre en œuvre dans les grands Etats et les sociétés modernes complexes.  
 



Les grands principes d'organisation du pouvoir - fondés sur une définition restrictive du peuple, sur le système représentatif et sur le caractère exclusivement politique de la démocratie - auxquels se référaient les premières démocraties relèvent d'un large courant intellectuel issu de Locke et de Montesquieu.  

 

Une démocratie parlementaire
Selon la doctrine de la démocratie libérale, le peuple souverain ne s'identifie nullement avec la réalité sociologique de l'ensemble des individus. En effet, dans le souci de n'accorder des droits politiques qu'à des individus jouissant d'une autonomie réelle, donc détachés des contraintes matérielles (tels les propriétaires ou les personnes payant un impôt) et des liens de dépendance sociale, les pères fondateurs des institutions américaines comme les révolutionnaires de 1789 vont prôner le suffrage censitaire. Si en France le suffrage universel masculin est admis dès 1848, les Etats-Unis n'ont renoncé qu'en 1964 au système des «poll-taxes», qui maintenait dans certains Etats un cens électoral. Par ailleurs, à la notion de «peuple», la doctrine libérale substitue celle de «nation», conçue comme un être abstrait, indépendant des contingences économiques et sociales (Sieyès). Erigée en souverain, la nation ne peut s'exprimer que par l'intermédiaire de représentants.

Dans le système de démocratie représentative adopté par les sociétés modernes, les citoyens n'exercent donc qu'indirectement le pouvoir. Par l'intermédiaire d'élections aux modalités diverses, ils désignent ceux qui seront chargés d'exprimer leur volonté. Les rapports entre les individus et le pouvoir sont ainsi médiatisés. Les représentants élus déterminent la loi imposée à tous. Dès lors, la démocratie libérale prend la forme d'une démocratie parlementaire, où tout un ensemble de mécanismes institutionnels - séparation des pouvoirs (conformément à la théorie de Montesquieu), soumission des gouvernants à la loi, élections libres, respect des droits de l'Homme - protège la société contre l'arbitraire du pouvoir.  

Une démocratie politique
Enfin, l'action du pouvoir libéral se limite à la sphère politique, qui est nettement dissociée du champ économique et social. Pour les libéraux, la démocratie a pour finalité de garantir l'épanouissement des droits inhérents à la personne humaine: le pouvoir doit assurer par des moyens légaux le respect des libertés afin que les relations sociales entre les individus, juridiquement égaux, se développent librement. Les individus ne doivent compter que sur eux-mêmes pour réaliser leur destinée. Contrairement à la démocratie américaine, très attachée dès sa naissance à la vie associative, au lendemain de l'Ancien Régime, caractérisé par ses corporations et ses confréries, les groupements et associations sont interdits en France. Mais les bouleversements socio-économiques du XIX
e  siècle infléchiront considérablement la doctrine de la démocratie libérale.  

La «démocratie socialiste»
Les transformations de la vie économique à la suite des révolutions industrielles, l'aggravation des conditions matérielles de toute une catégorie de la population et le développement des mouvements sociaux au XIX
e  siècle ont conduit à une critique globale et radicale des principes de la démocratie libérale par le socialisme. Partant de l'analyse de la condition ouvrière, le marxisme met en évidence le fait que la démocratie n'a pu empêcher l'exploitation de l'homme par l'homme. Selon le marxisme, l'Etat n'est pas la nation organisée avec le consentement de tous, mais le produit de l'antagonisme des classes et un instrument d'oppression aux mains de la classe possédante. Il considère que les libertés ne sont pas des attributs immanents de la personne, mais qu'elles doivent être conquises en même temps qu'une nouvelle structure économique et politique qui, à terme, amènera même la disparition de l'Etat.  

Mais les «démocraties socialistes» instaurées selon les principes léninistes, loin d'évoluer vers une société sans Etat, vont au contraire renforcer les institutions étatiques, soumises au contrôle exclusif du parti, qui dirige et maîtrise le choix des responsables politiques. Le régime fonctionne sur une base autoritaire et policière, et tout mouvement critique est jugé subversif. La société totalitaire a remplacé la démocratie. L'idéal socialiste de justice et de solidarité a fait place à l'autocratie d'une caste de privilégiés du parti.   
 


Les démocraties occidentales et les principes libéraux auxquels elles se réfèrent ont connu au cours du XX e  siècle d'importantes mutations. La plus importante d'entre elles est le renoncement au principe de la dissociation du politique et de l'économique et la reconnaissance des droits sociaux.  

L'extension du modèle libéral
Le modèle de la démocratie libérale a été peu à peu appliqué dans l'ensemble des Etats de l'Europe et dans quelques Etats nouveaux nés après les décolonisations du XIX
e et du XX e  siècle. Cette consécration internationale des principes démocratiques, en particulier des droits de l'Homme, s'est traduite par la Déclaration universelle des droits de l'Homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l'Assemblée générale des Nations unies puis, en 1966, par deux pactes, l'un relatif aux droits civils et politiques, et l'autre aux droits économiques, sociaux et culturels. Dans le cadre européen, une convention de sauvegarde des droits de l'Homme a été signée à Rome le 4 novembre 1950.  

Les démocraties occidentales ont reconnu peu à peu le peuple réel comme titulaire de la souveraineté. Ainsi, le suffrage universel a été adopté par tous les régimes libéraux, et de grandes organisations politiques (partis) et sociales (syndicats) se sont constituées: outre la garantie des libertés individuelles, la démocratie libérale a admis l'existence de libertés collectives, telles que la liberté d'association et de réunion.  

La conception classique du rôle des individus dans le champ politique se trouve ainsi considérablement modifiée et les règles politiques sont bouleversées: certaines grandes organisations se posent en rivales du pouvoir, au point que les nouveaux partis de masse menacent l'équilibre antérieur. Désormais, les assemblées législatives sont structurées à partir des forces politiques, et le fonctionnement du pouvoir est soumis au jeu des coalitions. Aussi, le pluralisme des opinions est une règle de gouvernement qui va, dans certaines circonstances, fragiliser le pouvoir.  

La transformation du pouvoir
Les démocraties libérales se caractérisent à l'heure actuelle par la multiplication des organisations politiques, sociales et économiques. La société démocratique se structure en groupes d'intérêts qui médiatisent presque complètement les rapports des individus au pouvoir. Parallèlement, la croissance du rôle de l'Etat semble avoir atteint ses limites. Face à cette évolution, certains proposent un retour aux sources du libéralisme, c'est-à-dire à «moins d'Etat».  

Les associations comme contre-pouvoir
Le rôle accru des organisations politiques et sociales dans le jeu politique modifie les règles de la démocratie. Les groupes s'érigent en contre-pouvoirs et prennent leur autonomie vis-à-vis du pouvoir politique, sur lequel ils agissent directement en négociant avec les gouvernants au nom des intérêts de leurs membres. La démocratie tend ainsi à se transformer en un vaste ensemble d'organisations corporatistes, où la puissance remplace la légitimité. Dans ce cadre, la décision politique apparaît moins comme le résultat d'une délibération que comme le fruit de la mise en œuvre d'un réseau de clientèles, et d'une négociation entre les partenaires publics et les groupes d'intérêts. En somme, les associations les plus puissantes tentent - et elles y parviennent souvent - d'imposer leur volonté. Cette crise du pouvoir traverse toutes les démocraties occidentales et donne lieu, paradoxalement, à la reconstitution de féodalités au sein de la société démocratique, modifiant le sens initial du pluralisme et de la légitimité politique.  

La technocratie
Alors que le renforcement de l'Etat depuis le début du XIX
e  siècle avait contribué à accroître le rôle du gouvernement et de l'administration, le pouvoir technocratique, dans les Etats de la fin du XXe siècle, a tendance à se substituer aux élus. Les experts détiennent une place toujours plus grande dans le processus de décision et développent un réseau de relations avec les groupes pour dégager des compromis. La négociation contractuelle risque ainsi de remplacer systématiquement la délibération, traditionnellement appelée à réguler les intérêts conflictuels.  

L'évolution de la société démocratique se caractérise également par la réduction de la participation politique des citoyens, due en partie à la chute des idéologies mobilisatrices, qui s'accompagne à son tour d'une crise de légitimité des institutions politiques. Ce «déficit démocratique» est souvent comblé par une plus grande personnalisation du pouvoir. A ce phénomène s'ajoute le coût des campagnes électorales, qui mobilisent de plus en plus de moyens financiers. Aussi le rôle excessif des moyens de communication et de l'argent empêche-t-il souvent un débat politique équitable.  

La crise de l'Etat-providence
La crise de l'Etat-providence va de pair, depuis les années 1970, avec la résurrection du néolibéralisme. Ce phénomène s'explique pour une grande part par le rôle toujours croissant de l'Etat, bien qu'il devienne de plus en plus difficile de financer son fonctionnement. Les budgets sont en crise et les dépenses publiques sont devenues incontrôlables. Le recours à des mesures d'économie ponctuelles pour assurer la survie d'un Etat devenu tentaculaire n'étant pas une solution suffisante, certains théoriciens néolibéraux (Hayek, Rawls) estiment que l'Etat doit s'effacer pour que la société civile retrouve le jeu normal des relations libres.  

Les graves difficultés auxquelles sont confrontées les démocraties libérales imposent ainsi une nouvelle réflexion sur l'équilibre nécessaire entre la liberté individuelle et la solidarité des citoyens. Cependant, comme en témoigne la chute du système communiste en 1990, quelles que soient les difficultés présentes, les valeurs démocratiques demeurent la principale référence de toute société qui se réclame de la liberté.  

Repost 0
24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 13:39


Durant ses premières années d'existence, le nouveau régime subordonne sa victoire à celle de la révolution mondiale, sans laquelle le communisme russe, proclamé dans un pays socialement arriéré et encerclé par les puissances capitalistes, n'aurait aucune chance de l'emporter. Lors de sa fondation à Moscou, en mars 1919, l'Internationale communiste (IC; en russe, Komintern ) se donne pour mission de coordonner l'action des mouvements révolutionnaires pour préparer l'avènement du nouvel ordre mondial. Le II e  congrès de l'IC, tenu en 1920, adopte le principe de créer «un seul parti communiste ayant des branches dans chaque pays».

 

Lénine et Trotski élaborent les 21 conditions d'admission à l'IC. Mais, dans la pratique, la priorité donnée au développement des forces révolutionnaires dans le monde, ardemment défendue par Trotski, est abandonnée avant même l'éviction politique de ce dernier. Et la montée au pouvoir de Staline, partisan de «la construction du socialisme dans un seul pays», consacre bientôt la subordination du Komintern aux intérêts de l'URSS.

Dans les années 1930, l'organisation devient un pur instrument aux mains de l'Etat soviétique, qui téléguide la politique des partis communistes étrangers. A partir de 1936, ses principaux dirigeants disparaissent, victimes des purges. Lorqu'il est officiellement dissous, en 1943, afin de rassurer les Alliés, le Komintern n'est plus qu'une organisation fantôme.  


Dès le début des années 1920, l'Etat soviétique cherche à normaliser ses relations internationales. Le traité de Rapallo, signé avec l'Allemagne en 1922, inaugure une décennie d'échanges privilégiés avec ce pays, qui constitue le principal partenaire occidental de l'URSS.

En revanche, les relations du gouvernement soviétique avec la France et la Grande-Bretagne restent distantes en dépit de la reconnaissance de jure de l'URSS par ces Etats, en 1924. Jusqu'à l'avènement de Hitler, la politique extérieure de Staline s'inspire de la théorie léniniste selon laquelle les «contradictions interimpérialistes» ne peuvent que renforcer la position de l'URSS dans le monde. Toutefois, cette orientation change à partir des années 1933-1934: face à l'accroissement des tensions internationales suscitées par la montée au pouvoir du parti nazi, Moscou entre dans le jeu de la sécurité collective engagé par les puissances occidentales.

L'Union soviétique multiplie les traités de non-agression et d'assistance avec les Etats d'Europe et adhère à la Société des Nations (SDN) en 1934. Après avoir violemment condamné toute collaboration avec les sociaux-démocrates européens, Staline prône un front des forces antifascistes et intervient activement dans la guerre civile espagnole.

Mais la passivité des démocraties occidentales au moment de l'Anschluss renforce sa méfiance à l'égard des pays alliés, dont il craint toujours un revirement dirigé contre l'Etat soviétique. L'abandon de la Tchécoslovaquie signe la faillite de la politique de sécurité collective et détermine le rapprochement soviéto-allemand. Il se concrétise le 23 août 1939 par la signature d'un pacte de non-agression, assorti de clauses secrètes sur les zones d'influence en Europe de l'Est. Le pacte germano-soviétique met en évidence le primat des intérêts géostratégiques sur les orientations idéologiques des deux Etats.

Repost 0
24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 10:35

Les dieux savent tout sont très puissant, pensent les Grecs. C'est pourquoi ils leur consacrent des fêtes publiques et leur font des offrandes. Il existe un dieu pour chaque événement de la vie. Mais les dieux eux-mêmes sont soumis à une force nommée Destin; que les Grecs ne représentent jamais.

L'Antiquité tout entière est baignée par les récits mythologiques. les poètes chantent la vie des dieux et la représentent sur la scène des théâtres, les artistes la peignent sur les vases et la sculptentdans la pierre.

                      

 

Voici les dieux grecs dit Olympien car il vivait sur le mot Olympe

  • Zeus
  • Héra
  • Poséidon 
  • Déméter
  • Hadès
  • Héphaïstos
  • Arès
  • Athéna
  • Apollon
  • Artémis
  • Aphrodite
  • Hermès
  • Dionysos
Repost 0
23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 18:44
2000 : Les Achéens plus ancienne famille ethnique grecque envahissent la péninsule. Peuple indo européen Civilisation brillante fonde Mycènes et Thyrinthe

-2000 : Les ioniens peuple indo européen venu d'Europe occupent déjà la Grèce

Mycènes

Les palais mycéniens mis au jour par les fouilles correspondent aux demeures dont nous connaissons les noms grâce à l'Iliade et l'Odyssée. Pylos, avec le palais du vieux et sage Nestor, Mycènes, dominée par le palais de l'Atride Agamemnon. Ne manque à l'appel que la résidence royale d'Ulysse qui n'a toujours pas été retrouvée sur l'île d'Ithaque. Heinrich Schliemann était quant-à lui animé par le désir de retrouver à Mycènes la nécropole des Atrides. Il découvrit des tombes à fosse datant du milieu du XVIè s. dans lesquelles s'étalaient le faste et la splendeur d'une dynastie royale, avec des parures éclatantes, de la vaisselle en métaux précieux, et des épées et dagues de grande valeur. Ces découvertes étaient à la hauteur du fantastique monde des héros d'Homère et il ne restait plus qu'à donner comme nom à un masque funéraire en or celui du chef de l''expédition des Achéens, pour dissiper les doutes et donner à ces fouilles (qui datent de 1876) un parfum de légende. Pourtant il est toujours difficile de faire correspondre archéologie et mythe et les armes exhumées ne sont pas celles des Achéens vainqueurs de la cité de troie.

Vers -1150 environ : date de la prise de Troie. il semble maintenant probable que cette célèbre guerre entre les Achéens et les Troyens ne soit en fait qu'un épisode mouvementé et violent parmi tous ceux qui ont égrené la décadence et la chute du monde mycénien. En cette période troublée durant laquelle l'empire hittite s'effondre et l'empire égyptien connaît de graves difficultés, la civilisation mycénienne, elle-même en désagrégation, façonne à partir d'un fait d'armes contre une cité orientale, une véritable légende destinée à immortaliser la gloire de ses guerriers. Bien que l'écriture ait disparu, la tradition orale a porté, avec sans aucune doute de nombreuses déformations, cette légende de générations en générations jusqu'à ce que Homère, au VIIIè s., en compose deux grands poèmes qui, grâce à l'écriture qui venait d'être de nouveau découverte à partir de l'alphabet phénicien, sont arrivés jusqu'à nous.

-1200 : Les Achéens sont détruits par les Doriens peuple indo-européen apparenté aux achéens qui envahit à son tour la péninsule. C'est le début du moyen-âge grec

Les Doriens envahissent la Thessalie, le Péloponèse, la Crète, les cyclades et colonisent le Sud Ouest de l'Asie Mineure société guerrière dont Sparte a gardé beaucoup de traces.

Ils chassent les Ioniens qui s'installent en Ionie partie centrale de la région côtière de l'Asie Mineure

-800-700 : Apogée Ionienne

-776 : création des jeux olympiques

-734 : les corinthiens fondent syracuse en Sicile

VII° av JC : Byzance colonie grecque est construite

-VII° -VI° : Corinthe (doriens) métropole marchande et industrielle la plus riche de de l'époque grande rivale de Sparte et Athènes.

expansion grecque VIII-VI° siècles av JC

-657 : Cypsélos prend le pouvoir à Corinthe

-594 : Solon devient archonte à Athènes

-560/-510 : Période tyrannique à Athènes

-507 : Clisthène crée des institutions démocratiques à Athènes

-490/-479 : Les grecs forcent les Perses à se retirer en Asie Mineure Athènes domine la civilisation Grecque

-484/-420 : Hérodote

-476 : Ligue de Délos dirigée par Athènes pour chasser les Perses de la Mer Egée

-449/-448 : Paix de Callias entre grecs et Perses

-443/-429 : Athènes de Périclès : dirige la confédération de Délos domine les mers grecques l'acropole se couvre de monuments (Parthénon) Phidias, Sophocle.

-431/-404 : Guerre du Péloponèse victoire de Sparte sur Athènes

-404/-371 : Hégémonie de Sparte mais Athènes garde sa suprématie intellectuelle et artistique

-371 : Thèbes arrive à vaincre Sparte et étend son hégémonie en Grèce continentale jusqu'en -362. Athènes retrouve sa grandeur et sa liberté.

-359/-336 : Philippe II de Macédoine étend sa domination sur les cités grecques .L'Athènes de Démosthène (une vraie cité libre) est vaincue par les macédoniens.

-336/-323 Alexandre le Grand conquiert l'empire Perse

-335 : Les Celtes des Balkans envoient une ambassade à Alexandre. Premières monnaies gauloises. Sépulture princière de Waldalgesheim.

-312/-64 : dynastie des séleucides de l'Indus à la Mésopotamie, Séleucie de Piérie, Antioche et Séleucie sur le Tigre. L'empire se réduit finalement à la Syrie puis est annexé à Rome

-323/-168 : les macédoniens luttent contre Rome et perdent

-305/-30 : Les lagides (grecs) règnent en Egypte tous les souverains lagides s'appellaient Ptolémée

-300 : les celtes attaquent Delphes

-269 : Hieron, roi de Syracuse. Syracuse devient l'alliée de Rome.

-213 : Rome prend Syracuse

-193/-146 : semi indépendance grecque sous contrôle romain

-146 : les cités grecques coalisées contre Rome sont vaincues et Corinthe est détruite la Grèce devient province romaine

-100/+300 : le rayonnement culturel de la grèce inffluence le monde romain

+330 : Constantinople est fondée et devient le nouveau centre culturel de l'orient grec

+395 : Partage de l'empire romain la Grèce est intégrée à l'empire d'Orient

Repost 0