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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 19:25

Avec la CIA, le KGB est le service de sécurité qui aura sans aucun doute laissé l'empreinte la plus profonde dans l'histoire mondiale du renseignement. Dans les dernières années de son existence, cet organisme aurait employé près de 486 000 personnes, dont 217 000 gardes-frontières. Il aurait bénéficié des bonnes graces de plus de 1 million d'"honorables correspondants". Le KGB peut-être comparé à une sorte de paquebot de l'espionnage. Une organisation monstrueuse vouée à la surveillance de tout et de tout le monde, plus encore à l'intérieur des frontières de l'URSS qu'à l'étranger.

Pour l'occidental non-initié, le KGB évoquait l'agent secret qui, tel le bernard-l'hermite s'appropriant un coquillage, investissait les ambassades et les représentations soviétiques à l'étranger pour les transformer en de notoires repaires d'espions. Contrairement à ce que veut notre perception occidentale de l'espion, le KGBiste n'était pas perçu comme un "homme de l'ombre" dans son pays. Il existait un uniforme du KGB qui était courament porté, et l'appartenance à cet organisme était perçu comme une distinction sociale qui procurait avantages, respect et crainte d'autrui, et pouvait même faciliter les demandes en mariage... A l'inverse de la plupart des services secrets occidentaux, le KGB recrutait de préférence dans les milieux modestes et ouvriers. Il fallait être un marxiste convaincu pour faire un bon KGBiste. Ces critères de recrutement auront fait des agents du KGB des personnages notoirement "durs", souvent rustres et manquant de finesse. Les agents du KGB fins et cultivés correspondant mieux à notre perception du "super" agent secret ne représentait qu'une petite minorité regroupée au sein de la première Direction, elle-même essentiellement chargée des activités à l'extérieur des frontières. Mais n'oublions pas l'existence de ce que l'on a appelée la "nomenklatura", caste des puissants du pays et de leurs enfants que l'on rencontre dans presque tous les pays du globe. Il y avait beaucoup de "pistonnés" au sein du KGB ; et ces derniers occupaient surtout la première Direction.

Le trigramme KGB n'est pas près de disparaître de la mémoire collective. Selon les individus, il évoque la puissance, le dégout, le respect, l'intolérance, l'ordre et la discipline, la violence brutale, l'omniprésence, la pérsécution, la prison, la torture, la mort... Bien plus encore que le renseignement, la mission prioritaire du KGB était de contrôler et de surveiller l'ensemble de la société soviétique. Il restera pour beaucoup de gens une armée secrète et impitoyable composée d'idéologues fanatiques et de tacherons sans humour au service de l'absurde. Durant ce qu'on a appelé les "Purges stalinienne", le KGB -qui ne s'appelait encore ainsi- procéda à l'exécution d'environ 3,5 millions de personnes, sur la simple présemption d'idéologie contre-révolutionnaire... A la différence des juifs, ces millions d'innocents ont déja été oubliés, et le souvenir de leur tragédie semble bien peu intéresser les médias.

On retrouve l'archétype du KGBiste dans tous les best-seller noirs du genre fantastique : "1984", "Brazil", "Farenheit 451", "Le meilleur des mondes"... C'est aussi pour toutes ces raisons qu'il a exércé une certaine fascination dans notre société occidentale. Sa lutte tous azimuts pour porter le communisme aux nues fut telle qu'elle donna lieu en France à cette boutade fort populaire dont on usait pour expliquer les incidents et les pannes irrationnelles : "C'est encore un coup du KGB..."

Est-il possible d'énumérer de manière exhaustive toutes les activités du KGB dans un article de magazine ? Surement non. Voici donc les principales connues. Le KGB était responsable de la sécurité et des intérêts de l'Union Soviétique, à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières, ce qui sous entendait indistinctement : la surveillance des frontières, la lutte contre le crime organisé et le terrorisme, la lutte contre l'opposition politique intérieure et bien sûr la recherche du renseignement à l'extérieur des frontières dans les domaines militaire, scientifique, technologique, politique, stratégique, économique...

On retrouvait le détail de ces missions générale dans les organigrammes des quelques 15 Directions qui formait le KGB durant les dernières années de son existence. Nous citerons les plus importantes :

  • - la 1ere Direction Principale (PGU), la plus prestigieuse, était chargée du renseignement extérieur,
  • - la 2eme Direction Principale (VGU) était en charge de la sécurité intérieure et du contre-espionnage en URSS,
  • - la 3eme Direction était chargée de la sécurité au sein des forces armées.
  • - la 5eme Direction était chargée de la lutte contre la dissidence et comprenait le personnel affécté aux goulags et aux hôpitaux psychiatriques.
  • - la 7eme Direction était chargée de la surveillance des étrangers en résidence sur le territoire soviétique. Il s'agissait principalement de la surveillence des personnels d'ambassades. Pour autant, c'est, curieusement, à cette direction qu'était rattaché la célèbre unité d'élite antiterroriste "Alpha".
  • - La 8eme Direction (équivalent de la NSA aux Etats-Unis) était chargée des transmissions et de leur sécurité ainsi que du renseignement éléctronique, en collaboration avec la PGOu.
  • - la 9eme Direction était responsable de la sécurité des personnalités importantes et de la garde du Kremlin.
  • - la 15eme Direction était chargée de la sécurité des installations sensibles telles que sites de lancement de missiles nucléaires, dépots d'armes et de munitions, bases aériennes stratégiques et sous marinières.

Il existait également une Direction de la Technique Opérationnelle, qui était chargée de la conception des matériels techniques utilisés par l'ensemble du personnel du KGB.

Ces directions étaient composées de départements et services plus spécialisés encore. Ainsi, on pouvait savoir, par exemple, qu'un agent du 5eme Département de la première Direction principale était un agent qui pouvait être chargé de la collecte des informations en France, en Espagne, en Italie, au Portugal ou au Luxembourg.

Revenons un instant sur la 8eme direction. En cette heure ou le réseau de stations d'écoute du réseau Echelon est un sujet de curiosité et d'étonnement, on pourra apprécier, peut être mieux encore la dimension du "soviet'chelon". Au début de l'ère Gorbatchev, le réseau d'écoutes soviétique des télécommunication couvrait le monde entier, avec une acuité toute particlière à l'égard d'objectifs militaires. Le personnel affécté à cette tache se décomposait en 40 régiments, 170 bataillons et plus de 700 unités d'écoute et d'interception... Durant les vingt années qui suivirent le lancement de Kosmos 189, en 1967, l'Union Sviétique envoya dans l'espace plus de 130 satellites d'interception des communications, pour répondre aux objectifs du Directoire du renseignement spatial du GRU, basé à Vatuniki, à 50 kilomètres au sud-ouest de Moscou. La 16e Direction du KGB, disposait de stations dans les missions diplomatiques de plus de 60 pays. Ces stations ne faisait que de la collecte qui était expédiée au centre de traitement informatique de Kountsevo, dans la banlieue de Moscou. Le KGB et le GRU se partageait par ailleurs la gestion des écoutes dans d'autres pays du bloc soviétiques et dans des pays amis. Les plus grandes de ces stations d'écoute était installées à Lourdes en l'Ile de Cuba, dans la périphérie d'Aden, au sud-Yemen et dans la baie de Cam Ranh, au Viêt-Nam. Il faut ajouter à cela une flotte de 60 navires de surface (dont les célèbres "chalutiers") et environ une vingtaine d'aéronefs de différents types. Bien évidemment, il faut comprendre que tout ce matériel n'a plus le niveau requis pour intercepter et décrypter les télécommunications du XXIe siècle et les budgets d'entretien et de renouvellement n'ont rien à voir avec ceux des Etats-Unis.

Histoire des services secrets soviétiques.

Le nom de Dzerjinski revient souvent dès que l'on parle du KGB. C'est le nom de la place à laquelle faisait face le quartier général des services secrets soviétiques. Cela ne doit en rien au hasard puisque Feliks E. Dzerjinski, un fidèle de Lénine, reçut mandat de ce dernier, le 20 décembre 1917, de créer un organe ayant pour mission de détecter et de mater les forces contre-révolutionnaire. Cet organe, prit le nom de Vserossiskaya Tcherzvytchaynaya Komissiya Po Borbes S Kontrrevolutsiey I Sabotagem (VTchK) que l'on peut traduire par Commission Pan-russe pour la Lutte contre la Contre-révolution et le Sabotage. Comme tout cela était un peu long à mémoriser et était d'une grandiloquence toute léniniste qui manquait un peu de retenue, on l'appela rapidement la "Tchéka". La Tchéka, qui ne pouvait partir de rien pour remplir sa mission dans les meilleurs délais, consentie à lancer ses activités avec le concours des officiers de l'Okhrana (Sécurité), la police secrète du Tsar déchu.

Le 30 août 1918, le président de la Tchéka pour la ville de Petrograd (Saint Petersbourg), Moïsseï S. Ouritski, se fit assassiner. En réponse, la Tchéka déclencha le 2 septembre ce que l'on appellera la "Terreur Rouge" une élimination systématique des contre-révolutionnaires.

Durant les années 20, la Tchéka utilisera les Tchasti Osobovo Naznatcheniya (TchON) (Détachements Spéciaux) du Parti pour combattre la révolte des basmatchis en Asie centrale.

Pour l'instruction des services spéciaux de la Tchéka, des TchON, de l'Armée Rouge et des révolutionnaires venus del'étranger, un camp d'entrainement sera construit à Tachkent, en Asie cenrale.

En 1921, Felix Dzerjinski cumulait les mandats de président de la Tchéka, Commissaire du Peuple de l'Intérieur et de Commissaire aux Voies de Communications (sic).

Le 7 février 1922, la Tchéka fut dissoute pour être remplacée par la GPU (se prononce "guépéou") (Direction Politique d'Etat), organisation subordonnée au NKVD (Commissariat du Peuple de l'Intérieur) lui même placé sous l'autorité de Dzerjinski.

En 1923, la GPU changea de nom pour OGPU (Direction Politique d'Etat Unifiée).

En 1926 Vyatcheslav R. Menjiski succèda à Alexis Dzerjinski à la tête de l'OGPU. Son adjoint, Genrikh G. Yadoga, homme de confiance de Staline, sera en réalité le véritable patron de l'OGPU. C'est lors de cette période que l'OGPU acquit un pouvoir considérable et devint l'outil de la répression en Union-Soviétique, privilégié par Joseph Staline. Pour autant, Staline, qui, comme tout bon dictateur, devint paranoïaque, déclencha ce que l'on a appelé les "purges staliniennes". Secondé par Lavrentii P. Bérya qui redoublait de zèle pour s'éfforcer de garder sa confiance, Staline fera "disparaître" près de vingt mille hommes de la Tchéka lors des années trente.

En 1934, l'OGPU fit place au GUGB (Direction Principale de la Sécurité d'Etat) est devint l'une des directions principales du NKVD.

En février 1941, les attributions du GUGB furent réparties entre le NKVD et le NKGB (Commissariat du Peuple de la Sécurité d'Etat). Ces deux organismes furent à nouveau placés sous la responsabilité de Berya.

Lors de la seconde guerre mondiale, le NKVD et le NKGB furent chargés de la sécurité des arrières soviétique et des actions de sabotages en arrière des lignes allemandes. Le NKVD et le NKGB assureront la création et le pilotage de près de 2000 "groupes opérationnels" qui vinrent en renfort des partisants.

En 1946, le NKVD devint le MVD (Ministère de l'Intérieur) et le NKGB devint le MGB (Ministère de la Sécurité de l'Etat). Le MVD et le MGB étaient les acteurs principaux de la chasse aux collaborateurs et aux activistes nationalistes anti-communistes en URSS.

En 1947 commença l'ère du service de renseignement soviétique à proprement parler. Aux Etats-Unis, au même moment, la CIA venait d'être créée. Les organes de renseignement extérieurs du MGB et du GRU (Direction Principale du Renseignement), les services de renseignement militaires furent regroupés en un seul orgaisme appelé KI (Comité d'Information). L'objectif de ce rapprochement était de combiner le renseignement humain et le renseignement éléctronique. L'expérience fut un fiasco et les deux services furent à nouveau séparés l'année suivante.

Le 15 mars 1953, dix jours après le décès de Staline, le MGB et le MVD fusionnèrent sur décision du Comité Central du Parti, du Soviet Suprême et du Conseil de Ministres. La nouvelle entité fut une fois de plus placée sous la responsabilité de Berya. En juin de cette même année, Berya tenta de prendre le pouvoir de force. L'entreprise échoua et Berya "disparut". Cet incident fera perdre au MGB son statut de Ministère. Il devint subordonné au Conseil des Ministres le 13 mars 1954. C'est en cette occasion qu'il prit la désignation de KGB du Conseil des Ministres de l'URSS.

Le 5 juillet 1978 redonna au KGB son statut ministériel en l'établissant en temps que Comité d'Etat de l'URSS. Le KGB fut placé sous le contrôle direct du Premier secrétaire du PCUS et du Conseil de la Défense, l'organe suprême de l'URSS. Le KGB devint alors un "Etat dans l'Etat".

Vers la fin des années 80, au moment de l'effondrement du système communiste soviétique, la démocratie naissante s'accomodait mal de ce KGB au passé chargé. Le 29 novembre 1990, le parlement obligea le KGB à publier un certain nombre de directives secrètes relatives aux droits des citoyens.

En décembre 1990, un département spécialisé dans la lutte contre le crime organisé fut créé au sein du KGB. Cette nouvelle prérogative incombait exclusivement auparavant au MVD, le Ministère de l'Intérieur. Ce fut le premier signe extérieur d'un profond boulversement de la philosophie et des préoccupations du KGB.

Pourtant, il était à cette époque fortement question de dissoudre le KGB pour en faire plusieurs services. Le 30 septembre 1991, Yevguenyy Primakov fut nommé chef de la première direction principale du KGB par Mikhaïl Gorbatchev, avec pour mission de planifier la création d'un futur service de renseignement extérieur. Cette transformation des services spéciaux soviétiques en services de sécurité de la Russie feront peut-être un jour l'objet d'un vaudeville.

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