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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 11:19
La Russie a connu une histoire contemporaine unique, fertile en évolutions politiques et économiques. Plusieurs crises conjoncturelles récentes importantes (1992, 1998) ont eu pour conséquence une chute de grande ampleur des niveaux de vie (division par deux en 1992). Le bilan démographique résume bien l’état actuel de la situation, celle d’une indéniable crise, mais avec des signes récents d’amélioration L’espérance de vie pour les hommes n’est plus que de 58,8 ans (72 ans pour les femmes). La mortalité infantile reste à un niveau élevé par rapport aux pays de l’Europe de l’Ouest, mais elle est en constante diminution. Globalement, la population a tendance à diminuer. Divortialité élevée et cohabitation entre générations pour résoudre les problèmes de rareté des logements expliquent la fréquence élevée des familles monoparentales et des ménages complexes.
Le passage vers l’économie de marché a bouleversé le marché du travail. Mais le chômage, après avoir crû, a diminué dans les années récentes ; le taux actuel (7,9%) est plutôt inférieur à ce que l’on observe dans les autres pays en transition, résultat d’une politique qui a préféré substituer à du chômage potentiel une baisse des salaires réels. Conséquence de l’inflation galopante qui a marqué la décennie 1991-2001, le salaire réel moyen de 2004 est à peine supérieur à la moitié de ce qu’il était en 1991. L’écart est moindre au niveau de l’ensemble des revenus, qui ont davantage profité de la reprise récente. Plus de la moitié du budget est désormais consacrée à l’alimentation. Même si l’importance relative des prestations sociales a crû légèrement, l’accès aux soins et à l’instruction n’est pas garanti pour tous.
Cette baisse des revenus s’est accompagnée d’une augmentation de l’inégalité et de la pauvreté : les familles monoparentales, les familles nombreuses et les personnes âgées font face à des conditions de vie particulièrement défavorables, surtout dans les petites villes.

L'évangélisation de la Russie résulte d'un triple environnement.

Le point de départ est le baptême du prince Vladimir (988 ou 989) qui marque à la fois les débuts du christianisme en Russie et l'installation d'un pouvoir centralisé : c'est l'instauration d'une dynastie choisie par Dieu (la première, celle des Riourikides). Il abandonne ainsi le paganisme et une conception tribale du pouvoir.

Cette acculturation chrétienne se fait dans le contexte d'une vive opposition entre Rome et Constantinople qui veulent intégrer les peuples slaves dans leur zone d'influence respective. Or, l'Empire Byzantin a un atout majeur : l'alphabet glagolithique, dérivé du grec, inventé par Cyrille originaire de Thessalonique et utilisé aussi par son frère, Méthode. D'abord destiné à un peuple, les Slaves de l'Ouest c'est-à-dire les Moraves, il provoqua une violente réaction du clergé germanique latinophone qui expulse alors les clercs slavophones, lesquels trouvèrent refuge chez les Bulgares. Ceux-ci deviennent chrétiens en 867 et c'est par eux que les Russes sont christianisés et alphabétisés (les deux sont liés, étant donné l'importance du livre dans la religion chrétienne). Un des principaux textes de cette époque se trouve actuellement à Reims : il s'agit de l'évangéliaire de Reims apporté par Anne de Kiev lors de son mariage avec Henri I. De plus, elle utilise pour la première fois le prénom Philippe pour nommer un prince héritier, le futur roi Philippe Ier.

La christianisation des Russes est aussi due à une révolution intérieure : la volonté de Vladimir de constituer un Etat centralisé. Il avait en effet voulu s'appuyer tout d'abord sur le paganisme, mais ce fut un échec car tous les princes étaient placés sur un pied d'égalité, Vladimir n'étant que le Primus inter Pares.

Le troisième facteur favorable à l'évangélisation de la Russie fut la conjoncture politique. Des relations très étroites unissaient princes russes et empereurs byzantins. Par exemple, tous les ans, des monoxyles partaient depuis Kiev vers Constantinople, chargés de miel, cire, fourrure et esclaves. Ce commerce d'Etat à Etat alimentait les caisses des princes russes. D'autre part, ces liens sont aussi politiques : vers 960, Basile II doit faire face à une révolte des armées byzantines et, assiégé avec son frère dans Constantinople, il s'adresse à Vladimir au nom des traités qui les lient (944) et lui demande l'envoi d'une armée pour sauver la dynastie des Macédoniens. Celui-ci accepte, mais demande à épouser Anne, la soeur de l'empereur. Les Macédoniens posent alors une condition : le mariage ne peut se faire qu'avec un prince chrétien. Il a lieu finalement en 988.

La Russie fait désormais partie de la communauté chrétienne byzantine : il suffit de suivre sur une carte toutes les églises nommées Sainte-Sophie pour avoir une idée du chemin de l'acculturation (ex: Kiev, Novgorod). Celle-ci est allée très loin en Russie, même si elle a posé de nombreux problèmes comme celui des chants. Ceux de l'Eglise byzantine sont syllabiques : à une syllabe correspond une note. Or, Cyrille et Méthode ont procédé ainsi dans leur traduction, mais on ne peut faire correspondre exactement un même nombre de syllabes grecques à un même nombre de syllabes slaves par mots traduits. C'est ainsi qu'au XIe siècle a été mis au point le chant mélismatique (voir les listi de Kiev), où sous une note sont modulées plusieurs syllabes.

Ainsi, pendant son histoire, l'Eglise russe s'est révélée particulièrement fidèle à Constantinople (la deuxième Rome), avant de se considérer elle-même comme l'accomplissement de celle-ci en se proclamant la troisième Rome.

II- Le développement de l'Eglise russe

Elle se diffuse tout d'abord dans le cadre des duchés et se pose rapidement le problème de l'absence de reliques pour dédicacer les lieux de culte. Ils ont alors été dédiés aux apôtres, aux fêtes religieuses, au rôle de la croix et à Sainte-Sophie. Ce n'est qu'à partir du XIe siècle que des reliques ont été utilisées, celles des deux martyrs, Boris et Gleb.

Elle se développe aussi contre la chrétienté latine. C'est ainsi que le schisme de 1054 a été durement ressenti par les Russes qui ont le profond sentiment d'appartenir à un christianisme oriental. Il est renforcé par la IV e croisade de 1204 qui est considérée par les orthodoxes comme une impardonnable humiliation de leur Eglise : dans la Chronique de Novgorod, pamphlet contre les chrétiens d'Occident, ceci est symbolisé par les femmes nues que les Latins avaient forcé à danser sur l'autel de Sainte-Sophie. Désormais, l'Antéchrist vient de l'Ouest.

Elle se renforce ensuite lors des invasions mongoles du XIIIe siècle qui ont balayé non seulement la Russie, mais aussi la Pologne et la Hongrie grâce à des armées particulièrement bien organisées. Les Mongols font passer la Russie sous leur joug jusqu'en 1552 , date de l'arrivée au pouvoir d'Ivan le Terrible. Il faudrait néanmoins nuancer la présentation très noire que fait l'historiographie russe de cette époque : si on prend le cas de la ville de Riazan détruite par ces Mongols, elle est cinq ans plus tard un des principaux centres économiques de la Russie au XIIIe siècle. En fait, un autre centre avait été construit à côté de l'ancien (Stary Riazan).

La religion devient pour ce pays le seul élément de cohésion qui demeure et qui l'empêche de se fondre dans un ensemble asiatique, cela avec l'appui des Mongols qui privilégient fiscalement et matériellement l'Eglise russe. En effet, elle ne paie pas d'impôts et reçoit des dons des princes. C'est aussi à cette époque que son siège passe de Vladimir à Moscou. Cette ville a dû aussi affronter la renaissance de celui de Kiev: il était nécessaire de conserver une unité politique à partir de Moscou. Au XIVe siècle, la Russie se couvre aussi d'églises et les monastères se lancent à la conquête des campagnes, avec par exemple Serge qui dynamise le monachisme russe très urbain. Ainsi, la religion devient un marqueur d'identité et elle permet aux Russes de s'émanciper du joug mongol.

Au XVe siècle, elle acquiert une stature nouvelle. D'une part, elle confirme son opposition à l'Occident latin en combattant la formation d'un royaume polono-lituanien. D'autre part, en 1472, après la chute de Constantinople, le mariage de Sophie Paléologue avec Ivan III apporte tout l'héritage byzantin à Moscou, qui devient alors sur le plan religieux, plus que sur le plan politique, la 3e Rome.  

Cette période est marquée par le schisme des Raskols ou " Vieux Croyants ", le seul que l'Eglise russe ait connu. Ceux-ci refusent la révision proposée par Nikon, métropolite de Moscou depuis 1652, des textes liturgiques et des rites devenus avec le temps trop incompréhensibles. Ils sont finalement exilés. Le XVIIe siècle est aussi un temps de controverses sur la richesse ou la pauvreté de l'Eglise.

Mais en dépit de ces tensions, elle se maintient dans la tradition byzantine en accompagnant le pouvoir politique, même si le temps court du politique ne recouvre pas le temps plus long du religieux. Pierre le Grand jette à ce moment les bases de ce qui va être le Grand Synode.

En même temps, elle continue à jouer son rôle d'identification à l'Etat. D'ailleurs, cela explique qu'au XIXe siècle, les peuples balkaniques, en particulier les Serbes, s'émancipant des Turcs, se tournent vers les Russes, au nom du vieux rêve de réunification des Slaves que la réalité démentira souvent.

Pour la première fois, elle se trouve face à un Etat proclamant un athéisme militant. Si une partie de l'Eglise rejoint l'émigration vers Constantinople, Belgrade puis Paris, l'autre est réduite à un compromis avec le nouveau régime. L'exemple du clergé le montre bien: d'un côté, il y a rupture puisqu'il est nommé par un pouvoir athée et policier ; d'autre part, il y a une certaine continuité car, au fond, l'Eglise a toujours été liée au pouvoir.

D'ailleurs, en 1991, les Américains orthodoxes ont voulu chasser les évêques, ce qui n'a pu se faire à leur grande surprise, car l'Eglise est la courroie de transmission du pouvoir politique orthodoxe ou athée !

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